#Liégeois / Liégeois Magazine vous emmène à la rencontre de Paul de Saint Sernin, attachant humoriste français qui se produira ce 9 avril au Trocadéro de Liège.
Paul de Saint Sernin a la banane ! « Je suis un peu sur un petit nuage en ce moment, c’est un peu Disney. Je me dis même que c’est trop calme, trop beau pour ne pas qu’un souci arrive », rigole-t-il. Il faut dire que la trajectoire de ce dynamique trentenaire est spectaculaire au point, désormais, qu’il remplit les grandes salles partout en France – et en Belgique ! – avec son premier spectacle. « Je ne m’y attendais pas. C’est une année et demie d’écriture qui est rentabilisée. J’ai essayé de proposer quelque chose d’un peu qualitatif et cela semble plaire. »

Après des débuts professionnels réussis dans le journalisme – notamment sportif – et une carrière qui pouvait sembler toute tracée, Paul se lance, en parallèle, dans l’humour. « J’avais envie de m’exprimer davantage, journaliste ne suffisait plus. J’avais envie de faire marrer les gens à fond et, sans doute quelque part, un besoin d’amour », confie celui qui, dans le privé, cultive une forme de discrétion. « A table, je ne suis pas celui qui fait des imitations, plutôt celui qui va provoquer le rire par surprise avec une petite phrase inattendue. » Et d’ajouter : « J’ai passé beaucoup de temps dans des vestiaires où ça vanne en permanence, où on apprend l’autodérision et le sens du décalage. »
Dans le monde impitoyable de l’humour, Paul choisit de ne pas emprunter l’autoroute mais bien les chemins de campagne, le temps de perfectionner ses punchlines et ses vannes. « J’ai fait mes débuts dans les bars, dans les caves et c’est ce passage-là qui paie aujourd’hui et m’aide à gérer la transition vers des assemblées plus conséquentes », assure celui qui continue de se produire dans des Comedy Clubs au fin fond de la France. « Je kiffe ça et c’est essentiel. Si on se contente de passer à la TV, avec son petit maquillage, sa petite coiffure, on s’embourgeoise. »
Dans l’émission Quelle époque ! présentée par Léa Salamé, Paul, installé dans le public, occupe le rôle du sniper, en digne héritier de Laurent Baffie. « J’y incarne un autre personnage, froid et distant, qui se doit d’être très percutant », précise l’humoriste français. « Je me renseigne en amont sur les invités. Je suis détendu et décontracté : c’est comme ça qu’arrivent les vannes, naturellement. »

Dans son premier seul-en-scène qu’il viendra jouer ce 9 avril au Trocadéro de Liège, Paul dévoile une autre facette de sa personnalité, se révèle plus sensible et fragile, plus proche de qui il est au quotidien. « Je viens d’un milieu où l’on se livre peu et écrire ce spectacle m’a fait du bien car j’ai dû aller à l’intérieur de moi pour y puiser des souvenirs pas forcément très heureux », confie-t-il. « Dans ce spectacle, j’y raconte mes expériences, j’évoque des moments qui ne sont pas forcément marrants à la base, des choses dans lesquelles je suis nul et pour lesquelles les gens peuvent se reconnaitre. Je me livre vraiment et suis très impudique sur ma vie. » Et d’assurer : « Je suis persuadé que les rires le plus puissants, les fous rires incontrôlables qui viennent du fond du ventre, proviennent de situations profondément grotesques ou pathétiques. »
Un parti pris qui plaît, tant auprès du public que des critiques, confirmant le statut d’étoile montante de Paul de Saint Sernin. « C’est merveilleux de faire un métier purement artistique, d’être sur scène et de faire rigoler les gens mais aussi de voir que cette volonté d’être un tantinet plus profond, de faire preuve de sincérité en disant tout fait réfléchir et encourage même des discussions », reconnait le sympathique humoriste avant de conclure : « Je ne me lasse pas de ce métier car c’est toujours différent. Les salles changent, les publics aussi, il faut s’adapter à chaque fois. Cela provoque un sentiment d’urgence, une montée d’adrénaline, c’est galvanisant. C’est ça aussi la magie du spectacle vivant. »
Thiebaut Colot
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