Denis Van Weynbergh est devenu le premier Belge à réussir l’exploit de boucler le mythique Vendée Globe, une course à la voile autour du monde, en solitaire et sans escale ni assistance. Après 117 jours passé en mer, c’est en héros que sera accueilli ce formidable skipper ce 22 mars sur la Grand-Place de Bruxelles.
C’est un exploit colossal, aussi immense que les océans qu’il a traversés, qu’a accompli Denis Van Weynbergh : devenir le premier belge à boucler le Vendée Globe. Parfois surnommée « l’Everest des mers » pour sa difficulté, cette course à la voile autour du monde, en solitaire et sans escale ni assistance a vu le jour en 1989 et se dispute tous les quatre ans.
Seuls sur des monocoques de la classe 60 pieds IMOCA, les audacieux skippers s’élancent des Sables-d’Olonne en Vendée pour faire le tour de l’Antarctique par l’Est, parcourant au bas mot 45 000 kilomètres (!) pour revenir à leur point de départ. « Si la magie est toujours là, c’est parce que les expériences que les skippers vivent sont tellement puissantes qu’on aimerait tous vivre ça. Quand on est passionné de course au large, on se dit que c’est le challenge ultime. Le Vendée Globe, c’est unique parce qu’on fait le tour de la planète », expliquait Catherine Chabaud, sixième en 1996-1997. « C’est le challenge ultime, tout sport confondus », assurait Thierry Dubois qui a participé deux fois à l’épreuve reine de la voile en solitaire. « On oublie que c’est une performance de monter un projet, trouver des sous, constituer une équipe, garder en état un bateau… J’ai coutume de dire que 80% est déjà fait avant le départ et quand on connait la dureté de la course, les 80% sont aussi très durs », rappelait Michel Desjoyeaux, double lauréat de cette course mythique.

Pour cette dixième édition du Vendée Globe, quarante marins étaient au départ, prêts à batailler rudement sur les mers et les océans lors d’un parcours qui les a vu passer par des lieux iconiques tels le cap de Bonne-Espérance et le cap Horn. « C’est une grande aventure humaine, c’est une grande aventure maritime », soulignait Anne Liardet qui fut de la partie en 2004-2005. Sept participants furent contraints à l’abandon tandis que Charlie Dalin remporta la course en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes. Yoann Richomme et Sébastien Simon complètent un podium 100% français alors que la Suissesse Justine Mettraux termina huitième et première femme.
Denis Van Weynbergh, seul Belge en lice, a serré les dents jusqu’au bout pour devenir le premier skipper noir-jaune-rouge à boucler cette compétition ultime. Cruelle application du règlement : le navigateur belge fut classé hors délai, franchissant la ligne d’arrivée après avoir passé 117 jours en mer à bord de son IMOCA D’Ieteren Group. Qu’importe le classement : le Bruxellois a réalisé son rêve et écrit l’histoire, apposant son patronyme aux côtés de toutes les légendes de la course au grand large. « Ce que je ressens, c’est indescriptible, j’ai l’impression d’être sur un nuage, de flotter ! Je n’ai jamais pris de drogue mais je crois que c’est mieux que ça », confiait Denis Van Weynbergh, très ému à l’arrivée de son héroïque épopée. « Tout était compliqué, dur… Il faut être masochiste pour continuer et pour vouloir revenir ! J’ai surtout essayé de ne rien lâcher. J’ai failli abandonner plusieurs fois, je me disais qu’il fallait tenir et à chaque fois, ça s’est bien passé. »
Si certains skippers ont pu vivre ce Vendée Globe comme un sprint, Denis Van Weynbergh l’a vécu comme une course de fond, un éreintant marathon où la lutte avec les éléments – le vent, le froid, les courants, ces mers et océans inhospitaliers – et peut-être encore davantage avec lui-même rendirent l’exploit encore plus grand, l’odyssée encore plus magique. L’aventure d’une vie, en somme, pour ce quinquagénaire diplômé de l’ULB. « Cela reste une aventure hors norme », confirmait à juste titre Alain Gautier, vainqueur de la seconde édition.
Au bout de l’effort, au bout de lui-même, Denis Van Weynbergh est parvenu à concrétiser son ambitieux projet, rejoignant ainsi le cercle très fermé de ceux qui ont réalisé un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Pour surpasser les difficultés qui ont émaillé sa course, le Bruxellois a sans doute dû se rappeler les mots de William Arthur Ward : « Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. »
Un exploit exceptionnel – et encore le mot est faible et nous manquons de superlatifs pour décrire ce qu’a accompli cet insatiable passionné – que Denis Van Weynbergh viendra célébrer ce 22 mars à 14h30 sur la Grand-Place de Bruxelles. L’occasion de vivre un moment unique et d’écouter les premières impressions de ce talentueux skipper au sortir d’une aventure mémorable.
Informations pratique : le samedi 22 mars à 14h30 sur la Grand-Place de Bruxelles. Un évènement gratuit et ouvert à toutes et tous.
Thiebaut Colot
Plus d’infos sur Denis Van Weynbergh :Bienvenue – Denis Van Weynbergh , Facebook
Plus d’infos sur D’Ieteren Group Voile : Sailing | D’Ieteren Group
Plus d’infos sur le Vendée Globe : Site Officiel du Vendée Globe 2024
(Re)découvrir le portrait d’autres navigateurs belges exceptionnels : « Tous les marins sont un peu amoureux de leur bateau » — #Liégeois , « Depuis tout petit j’ai cet attrait pour le large, pour voir plus loin, derrière l’horizon » — #Liégeois
Sources : Denis Van Weynbergh : « des larmes de joie et d’émotion » | Vendée Globe 2024 , Paroles de légendes du Vendée Globe | Vendée Globe 2024
Crédits photos : DR